dimanche, mars 29, 2009

Entretien avec Josh Tickell, réalisateur du film "Fuel"

Josh Tickell est un jeune homme surprenant. Il vient de réaliser le documentaire diffusé actuellement aux Etats-Unis "Fuel", qui illustre les limites d'un monde qui tourne autour du pétrole. J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec lui et il en a profité pour me montrer un bus un peu spécial. Garé à Los Angeles, ce bus scolaire complètement réarrangé a pour but "d'enseigner aux enfants ce que c'est que de protéger l'environnement en modifiant ses habitudes de consommation." Durant cette interview en anglais d'à peine plus de 5 minutes, Josh nous fait une visite guidée du bus. Ci-dessous, l'univers du bus en photos, et plus bas, la bande annonce du film "Fuel".






mardi, mars 24, 2009

Fun times à la fête foraine de Culver City



C'est par hasard que je suis tombée sur une fête foraine animée samedi dernier dans la ville de Culver City, à deux pas de chez moi. Pêche aux canards, tobogans et auto-tamponneuses étaient au programme de cette fête organisée par la police locale.

dimanche, mars 22, 2009

La photo du jour


Dans la boutique de toilettage de Gabriella Grey "Symply Grooming", à Culver City, samedi 21 mars.

jeudi, mars 19, 2009

Le rédacteur en chef de Wired décortique l'économie de la gratuité

Mardi 17 mars, dans le cadre du du dernier jour de la conférence South by Southwest (Austin, Texas), Chris Anderson présentait son dernier ouvrage Free qui devrait sortir aux Etats-Unis le 6 juillet prochain. Le rédacteur en chef du magazine américain Wired a présenté devant une foule plutôt sceptique son nouveau concept de la gratuité à l'heure de l'Internet et du numérique.

“Il n’y a jamais eu un marché plus concurrentiel que l’internet, et chaque jour le coût marginal de l’information devient plus proche de zéro”, a expliqué Chris Anderson, qui soutient qu'avec l’internet, une nouvelle gratuité s’est développée. Elle est fondée sur des coûts de reproduction quasi-nuls du fait de la numérisation, et sous l'importance de l’offre qui tire encore plus les prix vers le bas.

Chris Anderson, le rédacteur en chef de Wired, mardi 17 mars à Austin.

La gratuité serait inexorable à tel point que “les entreprises devront un jour ou l'autre donner la majorité de leurs produits” car la distribution gratuite est une nouvelle forme d’économie. Les produits et services autour de nous deviennent chaque jour moins coûteuses, notamment à cause de la pression de la Chine. L'auteur dédie un chapitre sur le sujet dans son livre.

Plusieurs modèles économiques de la gratuité

Mais le concept de la gratuité est encore plus flagrant sur Internet. De la musique, aux jeux en ligne en passant par les logiciels, tout est gratuit sur le Web. Alors que la bande passante et la capacité de stockage ne cesse de croître, le prix pour ces services, lui, baisse.

Comment s'en sortir dans un monde où tout est gratuit? "J'étais sidéré de voir qu'il n'existait pas de modèle économique de la gratuité", s'est exclamé Chris Anderson. Dans son livre, il passe en revue les différentes options pour "monétiser la gratuité".

Caricature réalisée live pendant la discussion entre Chris Anderson et Guy Kawasaki

Au-delà du modèle publicitaire, il existe le modèle "freemium" qui consiste en une version gratuite grand public couplée à une version payante, plus chère et plus évoluée pour un marché de niche. FlickR propose par exemple de passer d'un modèle d"updgrade" à une version pro payante.

Autre modèle économique, celui des “subventions croisées”. Il s'agit d’offrir gratuitement un produit pour vous inciter à en acheter un autre, comme quand on vous donne un téléphone en échange d’un abonnement.

Le coup marginal nul est la définition même de la gratuité, lorsqu'on télécharge par exemple de la musique gratuitement. Et enfin, il y a l'économie du don, que l'on voit fleurir sur Wikipédia, qui prouve que l'argent n'est pas la seule motivation.

Comment s'en sortir dans un monde où tout est gratuit?

L'argument principal de Chris Anderson est que les individus doivent trouver un moyen de monétiser leur célébrité. "Si vous ne rendez pas votre produit gratuit, le piratage le fera pour vous", a-t-il déclaré mardi, "il faut trouver un moyen d'utiliser le piratage comme une forme de marketing."

Le journaliste a illustré son propos avec le cas de l'industrie musicale : certes, les labels rencontrent des problèmes, mais les artistes célèbres peuvent monétiser leur popularité, grâce à des apparitions dans des spots publicitaires, au cinéma ou dans l'organisation de concerts comme cela se passe en Chine, d'après Chris Anderson.

"Les modèles économiques qui marchent le mieux sont ceux des jeux en ligne : Club Penguin, Neopets, Second Life et d'autres jeux de rôle comme Maple Story." Ces entreprises ne proposent qu'une infime partie de leurs jeux sous accès payant : "Si 5% paient, c'est la limite critique pour la rentabilité d'un produit", selon Chris Anderson, "au-delà de ce chiffre, c'est du pur bénéfice".

Si le prix de son nouveau livre n'est pas encore fixé, Chris Anderson a promis à la salle comble du festival South by Southwest de l'offrir gratuitement, "non pas en version papier mais en version numérique". Le tout est d'atteindre ces 5% qui voudront payer pour acheter le livre physique...

© Photos et texte Cécile Grégoriades, publié sur VNUnet.fr

mardi, mars 17, 2009

Derrière le succès de la page photojournalistique The Big Picture

The Big Picture est une sélection de photos d'agences sur le site du journal The Boston Globe. Si vous n'avez encore jamais vu cet extraordinaire travail, cela vaut le détour.

Alan Taylor est l'unique personne derrière cette sélection d'une trentaine de photos sur un évènement d'actualité. Il était à SXSW mardi 17 mars pour expliquer son travail. Il est en fait développeur et a eu cette idée de plateforme ultra simple pour montrer des photos en grand format - qui remplissent la largeur de l'écran d'un ordinateur, c'est-à-dire 990 pixels de large.


"J'étais frustré par le format des diaporamas que l'on trouve sur les sites d'information. Les photos sont soit trop petites, et il faut cliquer pour accéder à la suivante", remarque Alan Taylor, "alors quand on a une sélection de 60 photos, c'est décourageant!" D'où son idée de sélectionner des photos sur un évènement, comme en ce moment les pirates en Somalie, une série sur la saison des carnavals ou le très consulté "Israel and Gaza", mais l'idée était de mettre en avant le confort de navigation. Quoi de plus facile en effet que d'effleurer la barre espace de son clavier pour faire défiler les photos?

Les photos proviennent majoritairement d'agences photo (Reuters, AP, Getty Images), et parfois de photographes individuels que Taylor trouve sur FlickR ou par contact direct. Dans tous les cas, les photos sont créditées et un accord est conclu. Mais le Boston Globe ne paie pas. Pour les photos sélectionnées hors des agences, ce n'est qu'un coup de pub pour leurs auteurs. Car la page The Big Picture dispose aujourd'hui d'une renommée mondiale dans le domaine du photojournalisme, même si Alan Taylor ne fait que sélectionner des photos d'agence pour la plupart. Mais il y a un vrai travail éditorial derrière, sans compter la modération des milliers de commentaires sur les photos.

Taylor peut se permettre de montrer des photos choquantes, provacantes, violentes qu'un journal ne présenterait probablement pas car en sa qualité de développeur, il a mis au point une façon de ne pas voir la photo avant d'avoir compris que son contenu pouvait choquer.


Son budget est minime, mais est un exemple de réussite, lorsqu'un développeur (il l'est toujours à temps partiel pour le Boston Globe et l'autre partie de son temps, il le passe à mettre au point The Big Picture) associe ses compétences avec celles des meilleurs photojournalistes.

La publicité est discrète sur la page, mais elle est présente sous la forme d'une bannière tout en haut, et cela suffit à rendre The Big Picture rentable, "même si plus de 90% des gens viennent directement sur la page sans jamais aller sur le site du Boston Globe", reconnaît Alan Taylor.

© Crédits photos : The Big Picture et Cécile Grégoriades

lundi, mars 16, 2009

"If you live for the weekends and vacations, your shit is broken"

Gary Vaynerchuk, l'homme derrière le site de vidéo blogging WineLibrary, était présent dimanche 15 mars pour présenter sa vision du monde. Je vous laisse en juger avec un palmarès de ses citations, recueillies par Andrew Mager de chez Zdnet.

Vaynerchuk est décrit comme l'homme le plus influent en matière de vins, après the infamous Tony Parker. C'est quelqu'un de superexcité sur scène - assez insupportable à mon avis mais qui a un vrai sens de l'humour. Il incarne à sa manière l'entrepreneur moderne.
I pride myself in listening. When you have people paying attention to you, your biggest job is to listen what they want. Deliver what your community wants.

I was scared of riding a bike, so at 8 years old, I rode a Big Wheels. I peed my bed till I was 12.

Your legacy is being written by yourself. Make the right decisions.

It’s about embracing your DNA. People are lying to themselves. They want to be something they’re not. If you truly understand who you are. You need to love yourself more.


If you’re a jerk, your intern is gonna Flip-cam your career to the garbage.

I love being up at 3:00 in the morning chatting on AIM.

There are a billion social media consultants telling you to use Twitter, and all this other stuff. The difference is: do you have the chops? Is your product good?

Your grandparents didn’t build a butcher shop because Walter Kronkite said it was good. You have to hustle your face off.

If your bottled water taste like ass, it’s not going to win. If your water lights up the world and nobody knows about it, and you don’t know how to tell that story, you’re not gonna win either.

It comes down to content and authenticity.

If you live for the weekends and vacations, your shit is broken.

Il y en a d'autres : continuer la lecture.

© Crédits photos : Cécile Grégoriades

dimanche, mars 15, 2009

"Les sites de réseaux sociaux seront comme l'air qu'on respire"

"Le web est plus une création sociale que technique". Charlene Li, spécialiste du sujet, emprunte cette citation à l'inventeur du web Tim Berners-Lee. Pour elle, l'évolution des sites de réseaux sociaux devenant de plus en plus présents dans nos vies est inéluctable.

Charlene Li s'exprimait samedi à l'occasion d'une présentation au festival South by Southwest qui a lieu en ce moment à Austin. Elle s'est attelée à décrire les réseaux sociaux du futur. Une évolution qui passe selon elle par de multiples étapes difficiles mais qui font leur chemin.

Charlene Li, spécialiste des réseaux sociaux et auteur de Altimetergroup

Tout d'abord : de plus en plus d'intéropérabilité entre les sites. Facebook, MySpace, Twitter, tous ces sites dits de réseaux sociaux vont multiplier leur compatibilité avec d'autres sites sociaux dont le web regorge. Amazon, Flixter (site de recommendation de films), UrbanSpoon (site de recommendation de restaurants), Last.fm, MeetUp, Digg, Plaxo...etc. sont autant de sites nés sous l'appelation Web 2.0. qui prennent de plus en plus d'ampleur grâce au potentiel de l'interopérabilité des plateformes.

Facebook vient justement de faire un pas de plus dans cette direction grâce à Facebook Connect (maintenant accessible sur iPhone), qui permet d'accéder à certains sites dont ceux énoncés plus haut, sans avoir à se réinscrire et surtout afin de retrouver ses contacts Facebook sur ces autres sites.

South by Southwest, un évènement annuel qui rassemble des milliers de personnes à Austin

"Si je veux acheter des chaussures mais que j'ai la particularité d'avoir des pieds petits et larges, je voudrais savoir qui - parmi mes contacts - a ce problème et quelles chaussures ils ont acheté", explique Charlene Li à titre d'exemple. "Donc je veux être en contact avec des gens qui sont comme moi mais que je connais", on devine ici le pouvoir de recommendation d'une telle fonctionnalité. Idem pour l'achat d'un livre : plus que les commentaires anonymes d'anciens lecteurs sur le site d'Amazon, quoi de mieux que de lire les réactions de ses propres contacts? Et à défaut de réaction, la compatibilité avec les réseaux sociaux vous permettra de savoir qui, parmi vos contacts, ont lu ce livre qui vous intéresse. Libre à vous ensuite d'aller leur demander ce qu'ils en ont pensé.

Mais il y a des obstacles avant d'arriver à un tel scénario. Les gens sont réticents à dévoiler leurs informations personnelles. On l'a constaté avec la polémique soulevée par Facebook lorsque le site a souhaité faire partager aux annonceurs les informations de ses utilisateurs. "Les mentalités évoluent rapidement dans ce domaine", indique Charlene Li, qui rappelle la grogne qu'avait soulevée l'apparition d'annonces publicitaires Google sur le service de messagerie Gmail, "c'est maintenant complètement accepté."

Popcorn à volonté entre deux recherches sur le Net

Charlene Li prédit donc que les internautes exposeront de plus en plus leur identité sur le web. On voit immédiatement l'intérêt pour les publicitaires : plus ils disposent d'informations sur de potentiels consommateurs, plus ils seront capables de cibler leur publicité. Le débat est à l'ordre du jour alors que Google vient juste de lancer un service de publicité qui prend en compte l'historique de navigation des internautes, afin de cibler les publicités en fonction de leurs choix de navigation. De la publicité comportementale que Google appelle "la publicité ciblée par intérêt."

Fascinant.

© Crédits photos : Cécile Grégoriades

South by Southwest attire de plus en plus de monde malgré la crise

Le festival South by Southwest ne connaît pas la crise. Le volet "Interactive" du festival qui a ieu chaque année à Austin dans le Texas est en pleine expansion : 30% de plus que l'année dernière selon les organisateurs. J'avais parlé de ce festival en 2007, lorsque je l'avais couvert pour LeMonde.fr et l'AFP.
J'y retourne cette année. Plus de 9000 "geeks" : développeurs, informaticiens, indépendants, créateurs en tous genres se rerouvent pendant 4 jours pour "networker". On dit souvent que SXSW - pour faire court - est le "Springbreak des geeks", en référence à cette semaine de vacances scolaires à cheval entre l'hiver et le printemps aux Etats-Unis.
Car SXSW, c'est beaucoup de discussions (plus de 150 panels pour environ 900 panélistes), et de soirées. Surtout de soirées. Tous les grands du secteurs y ont leur "party" : Yahoo, Google, Facebook...etc.
"C'est une excellente opportunité pour rencontrer des gens, apprendre de nouveaux trucs", m'indique un Français expatrié à Montréal depuis 2 ans. Frédéric Brunel est de Bordeaux, et "après deux ou trois échecs pour monter ma start-up là-bas, j'ai décidé de tenter le coup en Amérique du Nord."
Si les Français se font rares à SXSW, il y en a. Je rendrai compte des meilleurs aspects de la conférence. J'ai notamment en réserve un panel intéressant qui a eu lieu samedi 14 mars sur le futur des réseaux sociaux. Et les perspectives sont à la fois fascinantes et effrayantes.

© Crédits photos : Cécile Grégoriades

vendredi, mars 13, 2009

La nouvelle ruée vers l'or



L'or qui flirte avec les 1000 dollars l'once permet à ceux touchés par la crise de rebondir en vendant leur "scrap gold" : vieilles montres, bracelets, bagues et autres bijoux. Reportage à Los Angeles.

mercredi, mars 11, 2009

La chasse aux profs en Californie

La sentence est tombée : ça sera 9000. 9000 professeurs, instituteurs et personnel administratif dépendant du département public de l'éducation de Los Angeles seront licenciés. Un chiffre qui représente un peu plus d'un pourcent de la masse salariale du district scolaire. Le Los Angeles Unified School District est le deuxième système éducatif public des Etats-Unis : plus de 700 000 élèves passent à travers ses écoles, de la primaire au lycée. Les licenciements résultent - quelle surprise - de la crise économique, qui a violemment touchée la Californie, l'Etat le plus endetté de l'Union, comme j'en ai parlé dans un sujet récent.

Le district éducatif de Los Angeles, qui gère 658 écoles, fait face à un déficit budgétaire de pas moins de 700 millions de dollars au cours des 18 prochains mois. Les réactions sont vives ici à Los Angeles, le corps professoral se mobilise : "On ne peut pas avoir une baisse de cette amplitude et satisfaire aux besoins de tout le monde", s'inquiètait une élue du Board of Education, Marlene Canter, dans le Los Angeles Times du 10 mars.

Le système éducatif public de Los Angeles a mauvaise réputation. Avec Détroit et Philadephie, Los Angeles a l'une des pires taux de lycéens abandonnant leurs études (les "dropouts"). Résultat : on observe une tendance à la privatisation des écoles publiques sous la forme de "charter schools", qui sont l'équivalent d'écoles techniques financées par le public mais gérées par le privé avec des obligations de rendement.

Ces écoles font polémique, mais la nouvelle administration Obama s'en fait l'apôtre. Une sale ambiance. Obama a d'ailleurs enfoncé le clou mardi, en appelant à licencier les mauvais profs et à augmenter les bons : "It's time to start rewarding good teachers, stop making excuses for bad ones", a-t-il déclaré devant la Chambre de Commerce hispanique de Washington.

Crédits photos : 2006 Getty Images

vendredi, mars 06, 2009

Faire une skateboard, une passion de chien!



Ce pitbull a un passe temps bien original : faire du skate! Je l'ai rencontré à près de la plage de Venice, à Los Angeles. Il arrive même à diriger le skate.

jeudi, mars 05, 2009

La Californie ébranlée par la crise

Les temps sont durs en Californie. Et le gouverneur Arnold Schwarzenegger a beau gonfler ses muscles, rien n'y change.

L'Etat est englué dans une crise budgétaire abyssale. A côté, le déficit français fait pâle figure.
Ici, Theresa Lester essaie de joindre les services des allocations chômage grâce à l'un des deux téléphones mis à sa disposition dans l'ANPE de Glendale, au nord de Los Angeles.

Car la Californie a l'un des pires taux de chômage des Etats-Unis. Il a officiellement franchi la barre des 10% en février.

Résultat : des agences d'emploi engorgées, alors que l'Etat cherche despéremment à faire des économies. Une spirale infernale. J'ai mené ma petite enquête, publiée sur LeMonde.fr

mardi, mars 03, 2009

samedi, février 28, 2009

Station service


En bas de chez moi se trouve un grand boulevard appelé "Lincoln Boulevard", l'équivalent de l'ancienne Highway 1 pour les connaisseurs. En l'espace d'un kilomètre, ce n'est pas trois, quatre, mais cinq - 5 - stations services qui longent le boulevard de part et d'autre. Et je tiens à préciser que j'habite en pleine ville. Les Etats-Unis se débarasseront de leur problème d'addiction au pétrole quand il y aura moins de gas stations... ou bien l'inverse.

PS: cette photo est une vraie station service - au look futuriste, mais qui existe - à Los Angeles.

mardi, février 24, 2009

La peine de mort, victime collatérale de la crise aux Etats-Unis


Dans la série sur les conséquences inattendues de la crise économique aux Etats-Unis, Le Figaro pointe dans son édition du 18 février les effets des baisses de budgets sur la peine de mort.

Toujours d'actualité outre-Atlantique, la peine de mort est légale dans plus des deux tiers des Etats américains, même si elle n'est pratiquée régulièrement que par une poignée d'entre eux. Or la peine de mort coûte chère, jusqu'à dix fois plus qu'un prisonnier condamné à perpétuité.

Le préjugement (pre-trial), jugement, les appels, l'incarcération et l'exécution coûtent tous plus chers pour un prisonnier condamné à la peine capitale. En particulier l'étape du jugement (trial), qui dure trois à quatre fois plus longtemps pour un accusé qui risque la condamnation à mort.

Une dizaine d'Etats seraient donc tentés par une abolition de cette peine aux allures moyenâgeuses, dont le Nouveau-Mexique, le Maryland, le New Hampshire ou le Montana. Austérité oblige, le temps de faire des économies jusque dans les couloirs de la mort est venu, une aubaine pour les groupes abolitionnistes, qui ne s'attendaient pas à un tel concours de circonstances.

Une personne sur 129 est incarcérée aux Etats-Unis, représentant un total de 2,3 millions de personnes derrière les barreaux. Parmi cette population incarcérée, 3 300 sont dans les couloirs de la mort. Les Etats du sud des Etats-Unis ont le plus recours à la peine de mort, et la palme d'or est décernée, sans surprise, au Texas, avec 423 exécutions à son actif depuis la remise à l'ordre du jour de la peine par la cour suprême en 1976.

A titre de comparaison, la population carcérale française s'élève à 64 000 prisonniers, soit une personne sur mille.

vendredi, février 20, 2009

Paillettes et tapis rouge

On s'active du côté d'Hollywood boulevard depuis près d'une semaine. Les Oscars, c'est dimanche 22 février, et on ne parle que de ça. Qui d'entre Benjamin Button avec Brad Pitt ou Slumdog Millionaire, de Danny Boyle va remporter l'Oscar du meilleur film?

En attendant, les organisateurs se relaient jour et nuit pour faire vivre la cérémonie dimanche, quelques heures de paillettes, de flash et de tapis rouge...

lundi, février 16, 2009

Texas, Arizona, Utah... the new places to live in the US


Quels sont les endroits qui attirent le plus aujourd'hui aux Etats-Unis? Je ne parle pas des touristes mais des Américains eux-mêmes, en quête de meilleures contrées pour s'installer et vivre.

Contre toute attente, l'Utah arrive en premier dans la catégorie des "fast growing states", avec plus de 2% d'habitants en plus par rapport à 2007. On apprend qu'il y aurait eu un baby boom dans l'Utah, un Etat coincé entre le Nevada et la Californie, réputé pour sa forte proportion de Mormons.

Juste derrière vient l'Arizona, en tête du palmarès depuis déjà plusieurs années. Entre 2000 et 2008, l'Etat a accru sa population de 26%. C'est comme si la population française passait de 60 à 75 millions en moins d'une décennie...

L'Arizona est talonnée par les Etats environnants : Nevada, Texas, Colorado : les nouveaux Etats du sud-ouest, "the SouthWest". C'est l'effet côte d'Azur version américaine. Une population vieillissante en quête de soleil s'installe dans cette "sun belt", mais il y a aussi l'impact de l'immigration en provenance du Mexique.

La Californie attire aussi toujours autant, malgré un taux de chômage de 9,3%, le plus élevé en 15 ans. Mais beaucoup d'habitants quittent également le "golden state", plus si golden que ça.

Enfin, la Géorgie et la Caroline du Nord sont les Etats qui attirent aussi, mais certainement pas pour leur climat. Les opportunités professionnelles, une croissance en hausse attire les nouveaux habitants.

vendredi, février 06, 2009

L'extrême droite menace-t-elle une Amérique vulnérable?

J'ai assité mercredi 4 février à une discussion sur les groupes d'extrême droite aux Etats-Unis. J'y suis allée sans être trop emballée, car j'imaginais plutôt l'aspect historique de la chose. J'avais tort. Mark Potok et Chris Hedges, les deux intervenants, ont rendu le sujet très actuel, trop?


Les groupes d'extrême droite ont toujours existé aux Etats-Unis. Avant de s'en prendre aux immigrés latinos aujourd'hui, les organisations suprématistes blanches et nativistes comme le Ku Kux Klan (fondé en 1865) avaient pour cible les immigrés allemands, asiatiques, les Juifs et Catholiques fin 19e et début 20e. Rien de nouveau, donc selon Mark Potok, du Southern Poverty Law Center, une association de surveillance de l'extrême-droite basée en Alabama. Un parti nazi américain a existé après la deuxième guerre mondiale et l'antisémitisme n'était pas rare à l'époque : après tout, Henry Ford était un adepte des théories du complot juif et un admirateur de l'Allemagne d'Hitler, rappelle Potok.

Le mouvement des droits civiques dans les années 60 bouscule et revigore les groupes d'extrême droite, qui voient dans l'abolition de la ségrégation une atteinte à leur identité d'Américains blancs et chrétiens. Le sentiment de "spoliation" est celui qui domine chez ces groupes "restaurationnistes", c'est-à-dire qui prônent "le retour à l'Amérique réelle", selon Potok.

Le chercheur indique que les groupes d'extrême droite se sont installés au cours des dernières décennies dans le nord ouest des Etats-Unis (Nord de la Californie, Oregon, Etat de Washington et Idaho) en raison de l'absence relative de minorités ethniques dans ces Etats. Pour des raisons historiques, les Noirs sont y peu présents sauf dans les métropoles (Portland et Seatlle).

Mark Potok, crédits : Val Downes.

Plus récemment, les groupes d'extrême droite ont pris la forme des minutemen. Un projet né en Arizona où des particuliers s'organisent pour surveiller la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Cette idéologie anti-immigration est relayée par des talks-show à la radio ou la télévision, comme Lou Dobbs sur CNN, ainsi que par des politiciens, comme le représentant du Colorado Tom Cancredo.

Régulièrement, les émissions de radios conservatives diffusent des rumeurs sur les méfaits de l'immigration illégale, rumeurs relayées par les médias mainstream. La plus récente avançait que les immigrés illégaux étaient à l'origine de la crise des subprimes, car ils avaient fait exploser le système par leur avidité : les banques étant "obligées" de faire crédit aux minorités.

Potok indique que les "hate crimes", qui vont donc de la simple discrimination au crime racial, sont en hausse, en particulier à l'égard des Latinos. Une étude du département de Justice estime à 200 000 le nombre de ces crimes haineux chaque année.

Chris Hedges, auteur de "American Fascists: The Christian Right and the War on America", adopte une approche encore plus pessimiste. Il estime que les idées d'extrême droite ont tendance à se propager dans la socété en temps de crise économique. Or les Etats-Unis entrent dans l'une des crises que l'on compare à la dépression des années 30. "Les idées racistes et anti-immigrées naissent du désespoir économique", explique cet ancien journaliste du New York Times.

Chris Hedges.

Chris Hedges s'intéresse en particulier aux mouvements évangélistes à travers le pays : la "droite religieuse", qu'il compare à un mouvement fasciste. "L'évangélisme des méga churches est comme une idéologie totalitaire : basée sur la masculinité, la soumission à une figure centrale et sur l'apocalyspe." Le chercheur estime que ce mouvement naît de la désillusion, une menace bien réelle aujourd'hui, notamment au sein des classes moyennes, la "working class", étranglée par la situation économique. Le taux de chômage aujourd'hui aux Etats-Unis est de 7,6%.

L'intellectuel de gauche qui se revendique athé met en garde contre la montée en puissance de ce mouvement de masse qu'est l'évangélisme, associé à sa "propagande pseudo scientifique qu'est le créationnisme."

mardi, février 03, 2009

Le business des octuplés

Elle est désormais ultra célebre : Nadya Suleman, cette Californienne de 33 ans qui a accouché de 8 bébés fin janvier, gère son image. Aujourd'hui entourée d'une ribambelle de 14 enfants (elle en avait déjà six avant les octuplés), elle a fait appel aux services de deux publicistes afin de gérer le torrent de demandes d'interviews de la part de médias du monde entier.

Certaines rumeurs évoquent que des médias seraient prêts à débourser jusqu'a deux millions de dollars pour une interview avec l'heureuse mère de famille. Nadya Suleman recoit quelque 200 demandes d'interview par jour et des propositions de contrats avec... des fabricants de couches!

dimanche, février 01, 2009

Le Superbowl ne connaît pas la crise

C'est le passe-temps national des Américains : le Superbowl Sunday avait lieu dimanche 1er février. Quasiment jour férié, alors que le dimanche est en général un jour ouvrable comme les autres aux Etats-Unis. L'année dernière, près de 100 millions de personnes s'étaient agglutinées devant leur petit écran, chez eux, dans des bars ou des restaurants pour commenter sur les exploits de leur équipe de football préférée.

Cette année, les Etats-Unis sont en crise, et la finale de football américain n'est pas à l'abri. Célèbre pour ses extravagances et paillettes, le Superbowl doit faire quelques concessions... Reste que la seconde de publicité télévisée pendant la finale est vendue à la modeste somme de 100 000 dollars !

A lire dans cet article paru dimanche dans le JDD.