samedi, mai 14, 2011

Comment utiliser Facebook quand on est journaliste?

Le web regorge d'outils pour les journalistes. Dans ce post, je m'arrête sur l'un d'entre eux, mis en place par Facebook et qui peut s'avérer utile, pour ceux d'entre nous. Il s'agit de Facebook Pages. Si l'objectif pour Facebook est bien évidemment de faire grimper son audience, tout n'est pas à jeter.

Beaucoup d'entre nous sommes mal à l'aise avec notre profil sur Facebook, car la ligne entre sphère privée et publique est ténue. Notre réseau contient aussi bien des amis que des confrères voire des sources que nous avons interviewées pour un article. Facebook Pages est un profil professionnel, sur lequel on peut poster des choses qui nous intéressent, mais pas la photo du petit dernier.

Vadim Lavrusik, récemment recruté par Facebook pour s'occuper spécifiquement des journalistes sur le site, explique - et je suis assez d'accord avec lui sur ce point - que l'identité des journalistes est de moins en moins liée au média avec lequel ils travaillent. Tout d'abord parce qu'ils sont de plus en plus affiliés à plusieurs médias - clin d'oeil aux pigistes. Et l'Internet, par le biais des blogs, de Twitter et bien évidemment de Facebook, a tendance à favoriser - peut-être à outrance - l'individualisation. Pages permet de développer ce que Lavrusik appelle sa "marque journalistique", centrée sur un nom, une personne.



Facebook Pages peut donc fonctionner comme la vitrine d'un journaliste. Il peut y poster ce qu'il l'intéresse sur le web, mais aussi ses derniers articles parus, ses dernières réalisations vidéos ou photos, ses remarques behind the scenes sur un reportage sur lequel il travaille. Et pour les journalistes-stars, le plafond des 5000 amis sur un profil normal n'existe pas sur Pages. A la question de savoir si on doit accepter les requêtes en amitié de ses lecteurs, téléspectateurs ou auditeurs - voire de ses fans - Pages est une réponse. 

Facebook essaie de faire en sorte que les journalistes utilisent Pages comme un mélange de site professionnel avec une composante interactive. Personnellement, je trouve indispensable de garder un portfolio en ligne dont je contrôle le contenu, le code et l'apparence. Mais Pages ajoute un dynamisme et une interactivité que mon site - très statique - n'a pas. La facilité avec laquelle il est possible de mettre en ligne des contenus multimédias est également un avantage, alors que la mise en ligne d'un sujet sur mon site me prend facilement une heure.

Les journalistes-stars utilisent également Pages pour sonder leur réseau sur un sujet sur lequel ils enquêtent grâce à l'application Facebook Questions. Fareed Zakaria de Times et CNN s'en est servi dans le cas ci-dessous. Pratique.



Parmi la multitude d'applications disponibles sur Facebook, certaines sont très utiles pour les journalistes. Outre Facebook Questions, Livestream peut s'avérer très pratique pour une chaine de télévision. Cette application permet de diffuser en direct les flux d'une chaine - particulièrement utile lorsque la diffusion hertzienne est interrompue, ou que le site plante, comme ça a été le cas pour Al Jazeera.



Autre problème éthique que Pages permet de résoudre : suivre l'actualité d'hommes et femmes politiques de tous bords, sans forcément adhérer à leurs idées. Lorsqu'on couvre l'actu, et surtout l'actualité politique, on doit savoir ce que disent les acteurs importants. Pages permet de suivre ce que racontent Barack Obama et John Boehner sans forcément les inclure dans son cercle d'amis intimes.

Enfin pour les mobile journalists, Pages peut être actualisé via SMS, en connectant son compte à un numéro de portable (cela se fait dans l'onglet Mobile des paramètres sur Facebook). Cela fonctionne aux Etats-Unis, pas sûr que ça marche ailleurs.

mardi, mars 29, 2011

20 dollars la vidéo - le journalisme à l'ère Google

"Que mettre dans sa valises pour aller à New York?", "Comment réparer un plancher qui grince?", "Quelle est la durée de vie d'un rat?" L'Internet fourmille de questions parfois compliquées, souvent triviales, posées par tout un chacun. Une panoplie de start-ups américaines ont entrepris d'y répondre, telles que About.com, Mahalo ou Answers.com.

Mais une en particulier, appelée Demand Media, s'est placée sur le créneau des articles et vidéos simples et explicatives répondant à ce genre de questions de la vie courante. Par définition, ces questions sont impossibles à quantifier tellement elles sont nombreuses, mais Demand Media a justement pour ambition de produire autant de vidéos qu'il y a de questions. Et a mis en place un modèle qui marche et derrière lequel travaille une armada de journalistes vidéos. Explications.



Un article de Wired décrit le quotidien d'un de ces journalistes, payé au lance pierre : 20 dollars la vidéo. Il se fixe pour objectif de tourner et monter sa vidéo sur les techniques du kayaking en 2 heures. "Normalement, je prendrais le temps d'enlever le vent ou les enfants qui crient derrière", explique Christian Munoz-Donoso, qui souligne que l'image de son interlocuteur est un peu flou à certains passages mais que ça n'est pas important pour son client. Et puis pour 20 dollars, pourquoi s'embêter?

Ce journaliste est l'un des milliers employés à travers les Etats-Unis en freelance par Demand Media. En tout, ils produisent 4000 vidéos et articles par jour. Par jour. Ce nouveau modèle initié par Demand Media donne le vertige. Et fait aussi réfléchir sur l'avenir du journalisme en général et du journalisme vidéo en particulier.

La logique derrière cette usine à contenus est la suivante. Tout d'abord, On Demand recense les requêtes les plus courantes sur le web en distinguant - par ordinateur - les recherches les plus populaires sur des sites comptabilisant au moins 2 milliards de recherches par jour (Google, Yahoo, Bing…etc). Secundo, l'entreprise passe en revue le prix de chaque mot ou expression recherchés sur le modèle du service de publicité en ligne Google AdWord. En gros, chaque annonceur peut "acheter" un mot sur internet, afin que sa publicité apparaisse à chaque fois que le mot est tapé dans Google. Le prix du mot fluctue constamment, un peu comme à Wall Street.



Donc pour une entreprise comme Demand Media, plus ses vidéos ou articles sont sur des termes recherchés tels que "Endoscopie", "régime sans gluten", "météo Miami" pour prendre les quelques recherches les plus en vogue sur le Google américain le 29 mars à 1:35 TU, plus elle a de chance de gagner de l'argent. Car les annonceurs qui vont être enclins à placer leurs publicités à côté de ces articles et vidéos vont payer plus cher. Demand Media alimente des sites appelés en anglais "content farms", ou fermes de contenus, tels que eHow, Trails.com ou Cracked.com, dont le contenu n'existe que pour le placement de publicités.

Et l'argent est au rendez-vous pour l'entreprise, qui amassait 200 millions de dollars de revenus en 2008. Pourtant, les journalistes-pigistes ne sont payés que 20 dollars par vidéo et 15 par article. "Je les surnomme le fordisme appliqué à la vidéo en ligne", déclare le directeur des partenariats chez YouTube Jordan Hoffner. Demand Media a plus d'une trentaine d'offres d'emploi à pourvoir. L'avenir du journalisme?

Pour aller plus loin, je vous invite à aller lire l'article en anglais de Wired.com

vendredi, mars 11, 2011

En attendant la vague...

Je suis allée sur la plage de Santa Monica tôt ce matin pour voir l'état d'esprit avant le tsunami. Et je n'étais pas seule. Les gens sont venus en masse et ont largement ignoré les conseils des gardes côtes d'éviter de se rendre sur la plage et de se baigner.

J'ai notamment rencontré ces surfeurs, qui regardaient la mer avec appétit...



jeudi, mars 03, 2011

Où trouver son fix de pâte molle et croûte moisie à LA?

Ce n'est pas parce que Los Angeles est à 10 000 km de la France qu'il faut faire une croix sur nos fromages. Entre chaînes et magasins artisanaux, la ville regorge de fromageries où savourer ces mets coulants. J'en ai fait une liste non exhaustive en parcourant la ville de long en large, en voici 11, mais il y en a d'autres. Voir la liste sur French Morning.

La fromagerie nouvellement ouverte de Pasadena, où les fromages sont jalousement gardés dans une grande chambre froide transparente. Manger du fromage est synonyme de sophistication aux Etats-Unis.

jeudi, février 24, 2011

Oscars: Qui va gagner?

C'est la saison des Oscars, personne n'y échappe. Je me suis rendue au débat entre critiques de films organisé par KPCC à l'Egyptian Theater sur Hollywood Boulevard. Voici leurs pronostics pour la catégorie "meilleur film".

dimanche, février 13, 2011

A LA, la communauté égyptienne se mobilise

Lors des manifestations en Egypte ces dernières semaines, j'ai été à la rencontre de plusieurs Egyptiens installés à Los Angeles. Ils sont nombreux ici, même si il n'existe pas officiellement de quartier "Little Cairo", comme il existe Tehrangeles ou Litte Ethiopia.

Des manifestations spontanées ont eu lieu à différents endroits de la ville, en soutien au soulèvement égyptien.

lundi, février 07, 2011

Enfants ou travail? Il faut choisir...

J'ai réalisé ce reportage dans le cadre de la série Hard Times pour KPCC, qui parle des gens toujours largement touchés par la crise économique, alors que la récession est soit-disant terminée. Cette fois, je suis allée voir une mère de famille qui a du faire le choix entre son travail et ses enfants.

Cette "mère courage" a calculé avec son mari que cela leur reviendrait moins cher si elle s'occupait des enfants chez elle que si elle travaillait et plaçait ses enfants en garderie. L'Etat a supprimé certaines aides sociales destinées aux familles nombreuses et les entreprises ne sont plus aussi généreuses, faute à la crise.

jeudi, février 03, 2011

La question des origines


 Depuis que je vis aux Etats-Unis, on ne m'a jamais aussi souvent interpellée sur mes origines grecques. En général, les gens me demandent si je parle grec, si j'ai de la famille là-bas. Et certains me disent qu'ils connaissent des Grecs vivant aux Etats-Unis - pas surprenant, ils sont entre 1,3 et 3 millions.

Mais cette référence constante à mes origines en raison de mon nom de famille m'a fait réfléchir. En France, beaucoup de gens ont des noms de famille étrangers, c'est plutôt la norme. Et pourtant ils sont Français avant tout. Les gens s'en foutent de savoir d'où tu viens. Si tu parles français, que tu es né en France, tu es Français point-barre.

Je pense que cette anecdote sur l'importance du nom de famille illustre une différence importante entre la France "assimilatrice" et les Etats-Unis "multiculturels", certains diront "ghettoïsants".

dimanche, janvier 30, 2011

Question de mesure

Question du jour : quels pays n'utilisent pas le système métrique?


Réponse :

- La Birmanie
- Le Libéria (bien qu'il y ait débat sur la question)
- Les Etats-Unis

Ces pays sont à l'heure du système de mesure américain, appelé United States customary system. La question suivante, c'est comment expliquer que les cas du Libéria et de la Birmanie...

mercredi, janvier 26, 2011

Vous reprendez bien de la garniture de taco?

Et un revers de plus pour les fast foods!

La chaîne de restauration rapide Taco Bellest accusé de publicité mensongère sur l'un de ses ingrédients-clef, le boeuf mariné, ou seasoned ground beef. Une attaque en justice collective incrimine la qualité du boeuf servi dans la plupart des spécialités de la chaîne : tacos, burritos, gorditas et autres nachos.

Selon les standards définis par le ministère de l'agriculture, un ingrédient peut être appelé boeuf à partir du moment où il contient au moins 70% de boeuf, ce qui n'est pas le cas de la viande servie par Taco Bell, qui n'en contient que 35%.

Taco Bell rétorque que la mixture utilisée dans ses tacos contient du boeuf et d'autres épices, et c'est ce qui fait le succès de ses produits tex-mex.  Le cabinet d'avocats californien qui s'est saisi de l'affaire réclame à la chaîne d'appeler un chat un chat, et de remplacer le mot boeuf par autre chose, comme de la "garniture de taco", taco filling. Moins appétissant, c'est sûr.

En photo, le taco à 99 centimes de dollars de Taco Bell.

lundi, janvier 17, 2011

Etats-Unis : les inégalités raciales face à la maladie

Les Indiens d'Amérique ont le taux de suicide le plus élevé. Les overdoses de médicamments dépassent désormais celles liées aux drogues dures. Les Noirs américains ont plus de chance de mourir de maladies cardio-vasculaires ou d'infarctus.


Le Centre de prévention et de contrôle des maladies (Center for Disease Control and Prevention) est l'auteur d'une étude dont les Américains sont spécialistes : l'analyse des problèmes de santé par groupe ethnique aux Etats-Unis.

"Nous voulions mettre en lumière le problème et proposer des solutions", indique le directeur du centre, Thomas R. Frieden, dans le New York Times.

Parmi les résultats notables de cette étude, on trouve :
- que les bébés noirs américains ont jusqu'à trois fois plus de chance de mourir au stade de l'enfance, comparés aux enfants d'autres origines.
- Les Indiens d'Amérique, appelés ici "Native Americans", ont deux fois plus de chance d'être tués dans un accident automobile que leurs comparses d'autres origines.
- Cette même catégorie de population est surreprésentée dans le taux de suicide des adultes de plus de 21 ans : 25 pour 100.000 personnes, par rapport à 14 pour les blancs, 10 pour les noirs et 8 pour les Hispaniques et les Asiatiques.
- Les morts par overdose de médicaments dépassent pour la première fois en 20 ans les overdoses de drogues illicites. Une tendance amorcée en 2002, lorsque la communauté médicale a commencé à prescrire des antidouleurs, des antidépresseurs et des antipsychotiques plus puissants.
- Le "binge drinking", désignant l'absorption de boissons fortement alcoolisées en peu de temps (5 pour les hommes et 4 pour les femmes), est en progression et touche, une fois n'est pas coutume, davantage les classes aisées et les étudiants que les pauvres.
- Enfin, les adolescentes d'origine hispanique ont trois fois plus de chance de tomber enceinte que leurs comparses blanches.

Ce type de classification a de quoi choquer, particulièrement venant de France. Elle a cependant le mérite de mettre en lumière de vrais problèmes touchant gravement certaines catégories sociales et ethniques. Et incite fortement les législateurs à agir.