lundi, novembre 09, 2009

Korea Town ou Little Bangladesh ?... pour un quartier latino !

C’est l’un de ces débat qui ne peut avoir lieu qu’à Los Angeles. Depuis les 30 dernières années, quelque 50 000 Coréens ont élu domicile dans un quartier situé à deux pas du centre ville. L’endroit était de facto devenu Korea Town, même si depuis les émeutes de 1992, beaucoup de Coréens avaient fuit le quartier car largement pris pour cible par les gangs noirs américains du sud de la ville. Depuis, les commerces restés vacants avaient été repris par des Latinos - Salvadoriens, Guatémaltèques, et bien sûr, Mexicains. Le ratio est officiellement de 30% de Coréens, 10% de Bengalis et 60% de Latinos.

La surprise fut donc générale lorsque l’année dernière, un groupe de Bengalis déposa une demande officielle de nommer le quartier Little Bangladesh. On compte officiellement moins de 2000 Bengalis dans le comté de Los Angeles, mais le consul du Bangladesh estime que le chiffre réel se situe entre 10 000 et 15 000.

La guerre des dénominations est une question de fierté, reconnaissent les deux partis. Mais ce clash entre communautés ethniques est un phénomène nouveau, indique Jan Lin, professeur de sociologie qui étudie les enclaves ethniques : “historiquement, les conflits opposaient blancs contre non-blancs, lorsque des immigrants venaient s’installer et dérangeaient l’ordre établi.”

Los Angeles est considérée comme l’une des villes les plus diverses au monde, culturellement et ethniquement. Des dizaines de communautés vivent côte à côte. Et cela se reflète dans le développement urbain : Chinatown, Filipinotwon, Little Armenia, Little Ethiopia, Tehrangeles, Little Tokyo, Thai Town…

Le conflit entre Coréens et Bengalis touche à sa fin, ces derniers s’étant résignés à accepter quelques kilomètres carrés officiellement dénommés Little Bangladesh, au sein du quartier de Korea Town.

mardi, novembre 03, 2009

Course de citrouilles à Manhattan Beach

La "World Famous Pumpkin Race" est un évènement très américain à la veille d'Halloween. Il s'agit d'un concours de citrouille sur roulettes, une tradition de 19 ans, précise le site du concours, où les participants plantent deux axes et des roulettes à chaque extrémité du légume.


La course a lieu sur un tronçon de route très pentu qui fait face à la mer à hauteur de Manhattan Beach. Le premier "pumpkin" qui franchit la ligne d'arrivée gagne. Et gare aux tricheurs. Pour ceux qui tenteraient de faire passer une pastèque pour une citrouille, c'est le "smash" garanti. Autrement dit, écrasé à coup de marteau, dans la ferveur générale. Gâchis de nourriture? Les enfants - comme les parents - en tout cas, adorent.



lundi, novembre 02, 2009

Histoire politique des Etats-Unis en cartes

Ca fait un an que les Etats-Unis vivent sous l'ère Obama, et pour l'occasion, je vous propose de voir - ou revoir - ce cours passionnant du prof de science politique Martin Lewis, de l'université de Stanford. Le cours se penche sur l'histoire politique des Etats-Unis par le biais de cartes. Donc oui, le cours est en anglais, mais le flot de documents visuels aide à comprendre l'évolution politique du pays et surtout sa division démocrates-républicains. Le cours date de 2008, juste avant l'élection d'Obama, mais il est toujours d'actualité.

A regarder en plusieurs fois, car chaque cours - il y en a 6 - dure une bonne heure.

Intro :



Je recommende chaleureusement le portail Academic Earth, où le cours de Martin Lewis est plus agréable à visionner que sur YouTube.

mardi, octobre 27, 2009

Surf

Qu'il vente ou qu'il neige, les surfers cherchent toujours la vague sur les plages de Californie. Ici à Manhattan Beach, dimanche 25 octobre. Prises de vue en accéléré.

vendredi, octobre 09, 2009

Enquête sur le phénomène des "child free"

Ils ont choisi de ne pas avoir d'enfants. Le dernier numéro du magazine écolo urbain Terra Eco fait le point sur le problème de la surpopulation en mettant le doigt sur ce qui fait mal : faut-il arrêter de procréer?

J'ai posé la question à plusieurs personnes aux Etats-Unis qui ont franchi le pas. Les raisons sont diverses, mais l'écologie est un facteur important dans leur choix. Le souhait de ne pas contribuer à ajouter aux 7 milliards d'habitants, de ne pas épuiser davantage les ressources naturelles. J'ai donc demandé à Eric, Scott et Kate de m'expliquer leur choix. Ils vivent tous aux Etats-Unis. Voici leur réponse.

jeudi, septembre 24, 2009

Un nouveau festival de Frenchies en mal de pays à LA

Le nom du festival fait frémir l’oreille des Américains : “Ooh la L.A.” Cette expression à la connotation coquine outre Atlantique va désormais symboliser un rendez vous culturel immanquable à Los Angeles. Destiné à présenter les nouveaux talents de la scène pop et électro française, le “Ooh la LA festival” a comme tête d’affiche des artistes comme Sébastien Tellier, Emilie Simon, Gonzales, le collectif Nouvelle Vague et bien d’autres.

L’évènement s’étend sur trois soirées au théâtre Henry Fonda, sur Hollywood Boulevard, du 23 au 25 septembre 2009. J'ai été voir Gonzales mercredi soir. Je l'avoue sans rougir, je ne connaissais pas cet artiste talentueux, qui jongle entre musique et performance théâtrale. Lire la suite...

lundi, septembre 21, 2009

vendredi, septembre 11, 2009

Les chaussures Crocs passent (enfin) de mode


Est-ce la fin d’une époque? Les Crocs ne se vendent plus. C’est une success story qui prend fin, car ces sandales colorées, que l’on aime ou que l’on déteste, ont connu une ascension fulgurante dans le monde de la chaussure. Pas moins de 100 millions de paires vendues en 7 ans - un record.

Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin, et les Crocs sont en passe de tomber dans les oubliettes de l’histoire de la mode. Portées par George Bush ou encore Roselyne Bachelot, les chaussures à trous aux couleurs flashy ne se vendent plus. La faute à leur durabilité, selon certains. Ces sabots, initiallement conçus pour les activités nautiques à cause de leur imperméabilité, sont aussi extrêmement confortables.

« Peu importe que ce soit beau ou pas, c’est facile à mettre. Vous ne transpirez pas. Il n’y a pas de problèmes de champignons. C’est pour les gens qui travaillent et ont mal aux pieds toute la journée », déclarait le PDG de Crocs France Jean-Jacques Cherry dans les colonnes de Rue 89 en 2008. Crocs dispose d’ailleurs d’un magasin à Paris sur l’avenue de Wagram.

Les sabots en plastique, dont l’idée a germé dans la tête de Canadiens reprise ensuite par trois Américains, sont mondialement portés. Si les Etats-Unis sont un grand marché, plus de la moitié des Crocs sont vendues à l’étranger.

Mais depuis 2008, les mauvaises nouvelles s’accumulent pour l’entreprise. 2000 employés licenciés, 185 millions de dollars de pertes et un surplus monumental de ses sabots en caoutchouc. Crocs Inc. est sur le point de faire faillite. Une nouvelle qui en réjouit certains : “chaussures de clown”, “sabots les plus moches de l’histoire”, “summum du mauvais goût”, les critiques indignées fusent de toutes part sur la toile.

Crocs a bien tenté de lancer une nouvelle ligne, avec ses sabots fourrés pour l’hiver, mais rien n’y fait. La mode, par définition, est passagère. Le mauvais goût aussi apparemment.

dimanche, septembre 06, 2009

Surfer en sirtotant son café? Un petit plaisir qui risque de disparaître


Siroter son latte en surfant sur le web, une image courante dans la plupart des cafés aux Etats-Unis. Mais ce petit plaisir pourrait bien toucher à sa fin. De plus en plus de cafés verrouillent prises et wi-fi à l’encontre de clients indélicats, qui “squattent” des heures avec pour seul achat, une tasse de café : 2 dollars tout au plus.

A Naidre’s, une brasserie de quartier à Brooklyn, on a décidé de changer les règles. “Chers clients, nous sommes flattés de voir que vous nous appréciez tellement que vous voulez passer la journée chez nous, mais ceux qui veulent manger doivent pouvoir s’assoir“, avertit un panneau à l’entrée, détaille Erica Alini dans le Wall Street Journal.

Résultat : les ordinateurs portables sont interdits entre 11h et 14h en semaine et 10h et 15h le week end. A moins que le client commande à manger et ne fasse pas que pianoter sur son clavier.

Alors que la crise accroît le nombre de demandeurs d’emploi, les cafés des grandes villes se remplissent de clients qui ont de plus en plus de temps libre et le passent à postuler à des offres en ligne, ou simplement à surfer sur le net, profitant de l’Internet gratuit. Le genre de clients qui ne remplit pas les caisses.

Jusque là, les surfers et les cafés entretenaient une idylle où les uns étaient chaleureusement accueillis et les autres se réjouissaient de faire salle comble. Mais les abus deviennent de plus en plus nombreux, et l’idylle tourne au vinaigre. Sur les sites de notation des cafés et restaurants comme Yelp.com, les insultes fusent. “Bonne chance pour rester ouvert si vous refusez l’entrée à la moitié de votre clientèle”, écrit une étudiante de la chaine de cafés Cocoa Bar, alors qui s’est vue renvoyer à la sortie de son ordinateur.

La tendance touche majoritairement des cafés indépendants, pas les cafés de chaine comme Starbucks ou Borders, où de toute façon, le wi-fi est payant. Les cafés jouent un rôle essentiel pour une partie de la population à la recherche d’un emploi. Les entretiens y ont parfois lieu, comme le raconte cette réalisatrice de film indépendante “maintenant, je suis constamment à la recherche d’endroits avec Internet ou je peux me concentrer sans qu’on m’observe d’un air désapprobateur“.

Mais les abus sont réels. Certains clients vont jusqu’à ramener leur tasse et leur sachet de thé, et ne demandent que de l’eau chaude. D’autres déballent discrètement leur sandwich, préparé chez eux.

jeudi, août 27, 2009

dieu et plateau repas



Aujourd'hui, j'ai discuté avec quelqu'un de religieux dans ma boîte. C'est-à-dire quelqu'un qui croit en dieu, comme 80% de la population américaine. Il était catholique, élevé dans un pays d'amérique centrale à forte tradition catholique, mais depuis qu'il est aux Etats-Unis, il a changé, il est devenu "chrétien". Je lui dit que catholique c'est juste une forme de christianisme. Il ne se souvient plus de la dénomination exacte mais il me dit qu'il est plus proche de dieu grâce à cette religieux qu'il a choisi. "Dans mon église avant, on nous lisait la bible, on était complètement passifs, là je lis la Bible moi-même et la vérité est sous mes yeux."

Lorsqu'il est temps de savoir quelle religion je pratique, mon interlocuteur, d'environ 25 ans et émigré du Guatemala depuis qu'il a environ 20 ans, n'en croit pas ses oreilles. Non je ne crois pas en dieu. Il est éberlué pour quelques minutes et je pense qu'il n'avait jamais rencontré quelqu'un avec qui il est proche être athée. Les religieux et non religieux ne traînent pas ensemble aux Etats-Unis, et si ils le font, ils ne parlent pas religion. Un peu comme en France, on n'évoque pas combien on gagne. Il a essayé de me convaincre de lire la Bible, je lui ai dit que ça ne m'intéressait pas, et je l'ai quitté avec un grand sourire, lui est resté assis, perplexe, avec son plateau repas.

samedi, août 22, 2009

Burning Man : nihilisme et quête d'idéal en plein désert


Pour certains, le Labor Day représente l'un des six jours officiellement fériés aux Etats-Unis. Pour d'autres, c'est le point d'orgue de Burning Man, un festival en plein coeur du désert du Nevada. Du 31 août au 7 septembre c'est l'un des rendez-vous les plus excentriques des Etats-Unis.

Né à la fin des années 80, Burning Man rassemble des jeunes et moins jeunes majoritairement originaire de l'Ouest des Etats-Unis mais de plus en plus du monde entier, en quête d'un idéal. Lequel, personne ne le sait vraiment, pas même les participants. Le tableau est pourtant magique : un désert aride sur des centaines de kilomètres entouré de montagnes à l'horizon, un ciel bleu azur offrant des couchers de soleil à couper le souffle. Ca c'est lorsqu'il n'y a pas de tempête de sable, et qu'on arrive à supporter les températures extrêmes qui dépassent les 40 degrés à l'ombre.

A Burning Man, les extravagances de toutes sortes et l'anti-norme sont la règle. La nudité et les drogues aussi. Officiellement, le festival est d'abord centré sur l'art. Les participants réalisent vite que l'art n'est qu'un prétexte à se déhancher au son de DJs, gober de l'exta et en prendre plein les yeux.

C'est Larry Harvey, un jardinier paysagiste, qui a lancé le mouvement. Il a eu l'idée en 1986 de brûler une figurine en bois de plus de deux mètres sur une plage de San Francisco avec quelques amis. Agé aujourd'hui de 61 ans, Larry Harvey est à la tête d'une véritable entreprise. La participation du festival a été multipliée par dix en 10 ans, et cette année, on pourrait atteindre le record de 50 000 personnes.


Chaque festival est associé à un thème. En 2007, c'était l'environnement. En 2008, le rêve américain. Cette année, le thème est l'évolution. Des artistes inspirés font des propositions aux organisateurs qui en retour les rémunèrent pour leurs oeuvres, sur l'argent récolté par les admissions - 300 dollars par personne. Au niveau des créations, il faut être le plus excentrique possible, même si ça n'a aucune viabilité.

Burning Man est un peu à la croisée de Woodstock, d'une rave géante, d'un certain nihilisme avec une touche artsy et des participants qui, somme toute, ont les moyens de se payer le prix d'entrée voire le billet d'avion. Et c'est l'une des controverses qui entoure le festival : son impact environnemental. Car si l'une des règles de bases est de ne rien laisser derrière soi, d'être complètement autosuffisant - il faut ramener sa nourriture, son alcool...etc, l'évènement est polluant. Des dizaines de milliers de participants parcourent des centaines voire milliers de kilomètres en voiture, en avion, sans compter les générateurs qui fonctionnent non stop pendant une semaine.

Si on peut formuler des critiques à l'égard de ce festival néo-hippie qui dénonce et à la fois encense l'ivresse consumériste (immolation d'une figure de plus de 25 mètres aujourd'hui), Burning Man reste une expérience inoubliable de fête dans un décor lunaire.

vendredi, juillet 31, 2009

A Los Angeles, l'industrie du luxe canin prospère

Chaque année, les Américains dépensent 41 millions de dollars pour leurs animaux à poils. Et ce chiffre augmente constamment d'une année sur l'autre, même en pleine période de récession. J'en ai fait le constat à Los Angeles, Mecque des pets s'il en est, où de nombreux spas pour chiens ont vu le jour. Reportage, entre deux soins de manucure et d'aromathérapie...pour chiens.

samedi, juillet 25, 2009

L'option payante est de plus en plus séduisante pour les grands sites d'information

Le débat sur le modèle économique des médias à l'ère numérique n'a pas fini de faire couler de l'encre. Depuis plusieurs années, les journaux s'interrogent sur la façon de rester profitables, voire de survivre dans certains cas. La grande question concerne les sites Internet, dont on se demande comment ils peuvent compléter les revenus en chute libre de l'imprimé. "Les yeux d'un lecteur en ligne représentent cent fois moins que ceux d'un lecteur du papier en termes de revenus", indiquait cette semaine Jane Hamsher, fondatrice du blog de gauche FireDogLake, à l'occasion d'une conférence à Los Angeles sur l'avenir des journaux. Difficile dans ces conditions d'imaginer comment les sites peuvent compenser le déclin du lectorat papier.

La plupart des journaux anglais et américains - et français, avec l'exception notable du Monde - ont adopté un modèle en ligne sans abonnement. Le site est complètement ouvert, que l'internaute soit abonné ou non au journal papier. Mais cet ère semble se fissurer, à en croire plusieurs déclarations de responsables de grands journaux de part et d'autre de l'Atlantique.

Rupert Murdoch, fondateur de News Corp

Cela a commencé par Rupert Murdoch. Le milliardaire à la tête de News Corp a annoncé en mai dernier qu'il rendrait les sites d'information de son empire médiatique payants "d'ici les douze prochains mois". News Corp a dans son escarcelle des titres aussi prestigieux que le Wall Street Journal, The Times ou encore Wired.

Puis c'est au tour du Financial Times. Dans une interview au Guardian, le rédacteur en chef du quotidien économique croit savoir que "presque tous les sites d'information deviendront payants d'ici un an". Ce serait un changement radical de stratégie, tant nous - les lecteurs - sommes habitués à avoir accès à tous nos sites préférés sans avoir à payer, si ce n'est tolérer quelques bannières publicitaires plus ou moins intrusives.

Lionel Barber, le rédacteur en chef du FT, souligne que le journal a mis en place une stratégie hybride qui commence à faire ses preuves : donner librement accès à un nombre limité d'articles du journal en ligne avant de demander au lecteur de s'abonner. Le FT.com compte à ce jour 110 000 abonnés.

Lionel Barber, rédacteur en chef du Financial Times (crédits : Lynda Nylind)

Enfin, le New York Times s'y met. Le site d'information sans aucun doute le plus réussi et le plus abouti du web penche également pour un modèle payant d'ici le mois d'août à en croire un article du Financial Times, qui cite des "sources proches" du journal américain. Il y aurait deux tarifs, l'un pour les abonnés au site uniquement, et l'autre pour ceux qui sont déjà abonnés au journal papier. Les lecteurs intéressés par le site paieraient 5 dollars par mois - 60 dollars par an, ceux qui paient déjà un abonnement au quotidien papier devraient débourser la moitié de cette somme : 2,5 dollars par mois soit 30 dollars par an, pour accéder au site. Un site qui propose désormais bien plus que les simples articles du journal : vidéos, portfolio sonores, dossiers interactifs, blogs, discussions avec les lecteurs...etc.

Ce retour en arrière est particulièrement intéressant venant du Times car le journal avait déjà expérimenté le modèle de l'abonnement en ligne, avant de se rétracter. C'était en 2007, et malgré ses 200 000 abonnés, le site n'était pas parvenu à amortir ses coûts. Le New York Times explore toutefois d'autres options, comme le recours à des fondations privées comme mode de financement à l'image de la radio publique nationale NPR. Craig Whitney, assistant éditorial, a confié à Poynter.org que si les rédacteurs en chef du Times "ne sont pas encore parvenus à une conclusion" sur cette option, elle reste "concevable". Le tout est de veiller à garder son indépendance éditoriale, lorsqu'une fondation de l'industrie pharmaceutique comme Merck Foundation ou celle de Bill Gates fait don de plusieurs dizaines de milliers de dollars au journal.

Au final, le site du Monde, autrefois pointé du doigt par ses pairs pour son intransigeance à garder un modèle abonnés alors que le tout gratuit était en vogue, sort du débat la tête haute.

John Gruber, fondateur du blog Daring Fireball (crédits : George Del Barrio)

Il reste cependant de nombreux défenseurs de l'accès gratuit aux sites d'informations, comme John Gruber du blog Daring Fireball. Pour lui, la publicité est le moyen de payer pour l'information en ligne, mais d'abord et avant tout, il faut revoir le fonctionnement même des rédactions de journaux. "Dans les médias "old school", le personnel éditorial ne représente qu'une fraction de l'ensemble des employés, (...) or au lieu de se poser la question "Comment pouvons-nous continuer à publier une information de qualité et à faire des reportages?", ces médias se demandent "Comment pouvons-nous continuer à gagner suffisamment d'argent pour payer nos différents départements ?" En résumé, John Gruber pense qu'il faut tailler dans la masse du personnel exécutif et administratif des grands médias, afin de limiter les coûts de fonctionnement, et de ne garder que les journalistes...

Le débat sur le modèle économique de la presse en ligne est loin d'être clos.

jeudi, juillet 23, 2009

PTSD, séquelle des soldats américains

Mathieu Grandjean est un photographe français installé à Los Angeles depuis quelques années. Son sujet de prédilection : les mots et maux des anciens combattants - ou "veterans" - dans une Amérique dont on a presque oubliée qu'elle était en guerre. Dans ce portfolio sonore, il esquisse les ravages du syndrome de stress post-traumatique, ou PTSD en anglais, dont souffrent les soldats de retour de guerre. Ryan Kahlor, 25 ans, raconte.

Still Need to figth Project from Mathieu Grandjean on Vimeo.



D'autres travaux de Mathieu, ici.

vendredi, juillet 17, 2009

La polémique Orelsan aux Etats-Unis

Suite à la polémique autour de la chanson "Sale Pute" du rappeur Orelsan, je suis allée creuser la question d'un point de vue américain. Pour rappel, Orelsan est un chanteur français qui a été déprogrammé aux Francofolies de La Rochelle à cause de sa chanson ultra violente "Sale Pute", qui parle en gros de quelqu'un qui a surpris sa copine en train de le tromper et qui commence à l'insulter et à la menacer de la frapper voire pire (voir paroles).

Cela a posé le dilemme en France de la censure. Déprogrammer le rappeur est-il une atteinte à la liberté d'expression? Au-delà des querelles politiciennes qui ont eu lieu autour de cette affaire, je me suis demandée comment la question aurait été abordée ici.

Tout comme il existe un système de notation (ratings) pour les films allant de G - pour general audience - à NC-17 - interdits aux moins de 17 ans, un système similaire existe pour la musique.


Ce système ne comporte qu'un type de classification, "parental advisory", apposé sur les CD dont les paroles sont "explicites", "profanes", "violentes", ou "sexuelles". Ce logo a été mis en place en 1985 à l'initiative d'un groupe de femmes menées par Tipper Gore, la femme d'Al Gore. Ce groupe a d'ailleurs été surnommé les "Washington wives" car toutes étaient des femmes de politiciens.

L'initiative a fait beaucoup de bruit à l'époque et est considérée, toujours aujourd'hui, comme une forme de censure (Frank Zappa a fait campagne contre la mesure en 85, alors que son titre G-Spot tornado était visé). Les albums comportant le logo sont en effet refusés par certains distributeurs, comme Wal Mart aux Etats-Unis.

Serait-ce une façon de lutter contre des artistes ou chansons violentes en France?

Cela est peu probable car le logo "parental advisory" n'est pas obligatoire aux Etats-Unis et donc facilement contournable. J'apprends sur Wikipédia que la classification existe en France, mais rarement utilisée, ou alors à titre humoristique (comme par les Fatal Bazooka, groupe de rap parodique de Michaël Young).

Pour atténuer le buzz autour de sa chanson, le rappeur Orelsan s'en est expliqué lors d'une interview. N'empêche, je ne sais pas si c'est mon instinct de femme qui parle, mais je suis d'accord avec Ségolène Royal sur ce coup-là. Les paroles de cette chanson sont abjectes.

mercredi, juillet 08, 2009

Incendie au Getty

Incendie au Getty Museum de Los Angeles. Une image impressionnante prise depuis le téléphone d'une employée du Getty mercredi après-midi. A priori rien de grave.

Gueule de bois

Pour ceux qui n'en sont pas encore au stade de l'overdose-Jackson, voici quelques informations en vrac après la grande messe de mardi au Staples Center de Los Angeles.

CNN a annoncé que le corps de Michael Jackson - trimballé de part en part - allait finalement reposer dans le ranch de Neverland. Un débat divisait la famille, entre la mère, très pieuse, qui souhaitait des funérailles simples, "pas un cirque". Les frères et le père, quant à eux, estimaient que le ranch de Neverland était l'endroit idéal.

Les fans aussi sont de cet avis, car cela va leur permettre de se rendre en pélerinage pour saluer leur idole dans le célèbre ranch. Cette décision était controversée car selon la loi californienne, il n'est pas possible d'être enterré dans une propriété privée, uniquement dans un cimetière. Les successeurs de Michael Jackson gardent évidemment à l'esprit l'opportunité économique d'une telle décision : le ranch de Neverland pourra rapidement devenir une vache à lait - équivalent de Graceland pour Elvis Presley - pour renflouer les caisses de la star au train de vie un peu trop ostentatoire.


Deuxième polémique ici à Los Angeles : qui va payer la facture du show de mardi? La ville avait timidement essayé d'appeler des donateurs privés à l'aide, mais manifestement, l'addition restera à sa charge. Los Angeles est déjà lourdement endettée : 530 millions de dollars (381 millions d'euros). Le porte-parole de la ville fait appel aux fans pour alléger la facture de la cérémonie estimée entre 1,5 et 4 millions de dollars.

Plus anecdotique mais révélateur, une scène de la comédie Brüno où le comédien interviewe La Toya Jackson, soeur aînée de Michael, a été retirée in extremis. Le film, qui sort en salles le 10 juillet prochain, montrait La Toya quelque peu ridiculisée, alors que Brüno lui demande de s'asseoir sur le dos d'hommes à quatre pattes et de manger des sushis...

lundi, juillet 06, 2009

Les funérailles n'auront pas lieu à Neverland

Marine Lucas, 21 ans, se recueille à la maison familiale des Jackson à Encino, un quartier de Los Angeles.

C'était la grande question : est-ce que la dépouille de Michael Jackson sera exposée lors de la cérémonie de mardi au Staple Center? Marine Lucas, une des fans françaises qui a fait le trajet depuis Paris pour voir sa star préférée m'a même confiée que si on ne pouvait pas voir sa dépouille, ça serait déjà moins intéressant : "Je regrette moins de ne pas avoir obtenu de ticket pour la cérémonie, même si je suis quand même très déçue de ne pas y être!"

Les organisateurs viennent de filtrer l'information selon laquelle des funérailles privées auront lieu deux heures avant la cérémonie publique au Staple Center. Michael Jackson sera enterré au cimetière de Forest Lawn (photo), un bel endroit sur les hauteurs d'Hollywood, où le King of pop reposera en paix avec d'autres stars, comme les frères Disney notamment.

Qu'on se rassure, Mariah Carey nous interprètera "I'll be there", le hit des Jackson Five en 1970.

Les tickets pour la cérémonie dépassent les $1000 sur eBay


Plus d'un million de personnes se sont inscrites sur le site du Staples Center pour tenter d'obtenir un ticket pour assister à la commémoration en l'honneur de Michael Jackson mardi. A peine 1% des fans ont le sourire aujourd'hui, puisque l'endroit ne peut accueillir que 11 500 personnes. Les tickets ont été sélectionnés au hasard par les organisateurs. Cela n'a apparemment pas découragé plusieurs milliers d'Anglais venus rendre hommage - ticket ou pas - à leur idole. La compagnie aérienne British Airways rapporte que ses vols en provenance de Grande-Bretagne sont pleins jusqu'à mardi.

On en sait par ailleurs un tout petit peu plus sur la cérémonie de mardi - les informations filtrent au compte goutte. Mariah Carey devrait interpréter l'un des hits des Jackson Five sur scène. On entend aussi dire que l'ex-femme de Michael Jackson et mère de deux de ses enfants, Debbie Rowe, sera présente.

Update : les tickets - distribués gratuitement - sont déjà en vente sur les sites d'enchères en ligne. Un revendeur ne demande pas moins de 20 000 dollars sur eBay. Beaucoup de tickets sont néanmoins à la vente sous la barre des 1000 dollars. Un tel scénario était prévible puisque chaque "heureux gagnant" se voit délivrer deux tickets, un pour lui et l'autre qu'il peut donner à qui il veut. "Théoriquement, le second ticket peut être vendu", a reconnu, dépité, le porte parole du Staple Center Michael Roth.

Crédits photo : Monica Almeida/New York Times

samedi, juillet 04, 2009

Les fans étrangers écartés de la cérémonie d'adieu de Michael Jackson à Los Angeles

Les organisateurs ont été fermes lors de la conférence de presse vendredi : les personnes qui ne seront pas munies de tickets ne seront pas autorisées à être même aux alentours du Staples Center, selon le chef de la police de Los Angeles Earl Paysinger.

Un coup dur pour les dizaines de milliers de fans venus rendre hommage à leur idole. Seuls 11 000 tickets seront - gratuitement - distribués "prioritairement à la famille et aux fans de Michael", a déclaré le porte-parole des Jackson Ken Sunshine.

Le chef de la police de Los Angeles Earl Paysinger, lors de la conférence de presse vendredi 3 juillet.

Le site sur lequel les fans peuvent réserver leur ticket à été engorgé dans les minutes qui ont suivi l'annonce au public. Selon des représentants, le site a été visité plus de 500 millions de fois en deux heures.

Marine Lucas est une fan de la première heure et a décidé de faire le trajet depuis Paris pour venir dire adieu à son chanteur préféré. Quand elle a appris que les tickets ne seraient délivrés qu'aux fans de citoyenneté américaine, elle a fondu en larme : "c'est complètement injuste et révoltant. Il y a des tas de fans qui viennent de l'étranger!"

Marine Lucas est venue de Paris pour rendre hommage à Michael Jackson.

Le nombre relativement restreint de tickets va inciter à la spéculation, estiment de nombreux fans et journalistes présents à la conférence. "C'est sûr que certains vont en profiter et vendre les tickets à plusieurs centaines de dollars, peut-être plus", se désole Marine, "et je ne pourrai pas payer une telle somme. J'aurais fait tout ce chemin pour rien!"

Crédits photos : Cécile Grégoriades